Lundi 9 novembre 2009 1 09 /11 /Nov /2009 11:18

Les hommes (honneurs à eux pour une fois !)

 

Ils portent une tenue unie, qui peut être noire, grise, beige, marron. Elle est constituée d’un pantalon bouffant, serré aux chevilles, et d’un haut. À première vue, on a l’impression que le tout est d’un seul tenant, mais après information, ce sont deux éléments indépendants.

Le haut est ouvert sur la poitrine et ne peut se fermer, il est donc porté avec une chemise assortie. Le tout est porté avec une ceinture à la taille, bien sûr assortie à la tenue, ainsi qu’avec un foulard porté en chapeau sur la tête, et/ou un bonnet (les bonnets sont typiques de chaque village ou chaque région, ainsi que nous l’avons appris dans le musée de la prison rouge).

Lorsque le bonnet ET le foulard sont portés ensemble, le bonnet constitue le fond du chapeau ainsi constitué, le foulard étant le tour.

En général, les hommes ont un chapelet à la main, qui n’est pas forcément religieux, mais qui sert de passe temps, comme les komboloy grecs (ce sont d’ailleurs les mêmes !)

 

Sur cette photo, vous pouvez voir dans le basar, deux tenues traditionnelles. L’oreillette de celui qui est debout est d’origine  Celui qui est assis tient un komboloy dans ses mains.

 


 

Les femmes

 

C’est plus difficile, car je ne fais que les croiser dans les rues sans avoir eu le loisir de pouvoir les étudier. Dans tous les lieux où je me rends en effet, elles ne vont pas, ou alors il est difficile de les dévisager…

 

Elles portent une longue jupe noire, avec en haut un entremêlage de chemise ou autres superpositions que je ne peux voir, car elles se mettent sur la tête (juste posé) un grand drap / voile noir, qui descend jusqu’à leurs pieds. Elles sont d’ailleurs obligées de le tenir lorsqu’elles marchent, et d’autant plus en ces jours de vent… certaines portent en dessous un voile, mais je ne suis pas sûre que ce soit le cas de toutes.

Il semble en tout cas falloir être vieille pour porter cette tenue, à moins que les plus jeunes générations ne veuillent s’en débarrasser, car je n’ai vu aucune femme jusqu’à 60 ou 65 ans en porter. Mais il est vrai que je ne suis pas sûre de pouvoir à coup sûr donner un âge aux gens que je croise…

 

Je n’ai malheureusement, pour le moment pas de photo de cette tenue, mais j’espère pouvoir bientôt y remédier !

 

Par Mathilde
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Lundi 23 novembre 2009 1 23 /11 /Nov /2009 15:00
Bonjour tout le monde !

 

Depuis deux semaines de vie à la maison du CICR, je n’ai pas beaucoup eu le temps d’écrire, et pourtant je n’ai pas fait grand chose !

Mon programme était toujours plus ou moins le même : lever vers 8h30, petit-déjeuner devant la télé, coups de fil et/ou session Internet jusqu’au déjeuner à 13h, Meziane revenant manger à la maison, puis… plus ou moins la même chose l’après-midi, qui est bien plus courte car Meziane et Ahmed rentrent vers 17h.

 

Heureusement, je n’ai pas fait que ça pendant deux semaines !

 

J’avais rendez-vous mercredi de la semaine dernière à Interchange Institute pour un entretien. Lors de cet entretien nous avons parlé du boulot, mais aussi de tout et de rien ! En général, les gens ici veulent avant tout que l’on se sentent bien dans leur pays, ce qui passe même avant le travail ! Le résumé de cet entretien, c’est que la procédure pour engager quelqu’un passe par un test, puis un essai en classe. Rendez-vous est donc pris pour le lendemain matin pour le test.

Le lendemain matin (non, on ne chante pas « le p’tit prince m’a dit »… !), je retourne donc à l’Institut pour faire le test, mais il s’avère que je peux repartir avec et le faire à la maison ! Il ne s’agit que de la partie de compréhension et d’expression écrite, l’oral ayant été fait de manière officieuse pendant l’entretien.

Nous convenons donc que je reviendrai dimanche après-midi pour rendre le test et assister à des cours.

 

Le soir même, je reviens dans la même rue que l’Institut, car il se trouve juste en face d’un très bon restaurant : Roma, italien comme son nom l’indique, et qui propose un choix limité de plats, mais tous très bons ! Il y a par exemple différents types de pâtes, mais toutes n’ont que trois choix de sauces : bolognaises, « végétarienne », ou sauce blanche aux champignons. L’exception des pâtes, ce sont les lasagnes : il y a trois choix, mais on ne peut choisir qu’entre deux, car ils n’ont pas tout ce qui est écrit sur la carte ! Il y a aussi des pizzas, des salades, et… bien sûr… du poulet et du riz !!! En général, mieux vaut demander d’abord ce qu’ils ont, et ensuite regarder le menu. À Pizza + par exemple, il y a des pâtes au menu… mais seulement sur le papier !!!

 

L’un des intérêts de Roma, c’est qu’il n’est pas très cher : entre 7000 et 8000 IRQ par plat, ce qui fait environ 6€.

L’autre intérêt de ce restaurant, c’est qu’il se trouve juste à côté d’une pâtisserie qui fait des gâteaux locaux et d’autres plus occidentaux. Ce sont en général des sortes de « cheese cake » ou « sponge cake », pas tous excellents, mais pas désagréables pour autant !

 

Petit aparté pour Mauricette et tous ceux et celles qui seraient inquiets pour ma ligne… Je ne mange plus tous les jours au restaurant, et je fais une sorte de régime : je mange plein de fruits, des quantités moins importantes, et surtout… Je fais du sport !!! Pas encore régulièrement, car il faut pour cela que j’ai un emploi du temps régulier, mais j’ai fait une première séance la semaine dernière et c’était génial !!!

 

L’un des employés locaux du CICR connaît quelqu’un qui entraîne une équipe féminine de basket. Je l’ai appelé, et il m’a proposé de m’amener faire du sport. J’y suis donc allée, pensant me retrouver sur un terrain de basket, mais j’ai atterri sur une piste d’athlétisme !!!

Sur la piste, beaucoup de jeunes, étudiants en sport, venant s’entraîner à diverses disciplines : sprint, lancers, sauts, etc.

Le terrain est en fait le complexe olympique de Souly : terrain d’athlé avec terrain de foot au centre, piscine, terrain de basket, bureau du comité olympique, etc. Il semble assez vieux mais est en très bon état ! La piste est même bien meilleure que celle que nous avons au stade de L’Haÿ…

 

J’ai bien sûr sans doute pas mal perdu en technique depuis environ deux mois que je n’ai plus d’entraînement, mais ça faisait du bien de s’y remettre ! Par contre, avec le soleil – qui, à 3h de l’après-midi est toujours assez fort – je n’ai pas pu rester très longtemps à courir, la tête me tournait presque malgré l’eau que je buvais. Je n’ai donc pas insisté, estimant que 3 tours ½, plus les exercices (les « gammes » pour les initiés) et les étirements étaient suffisants pour une reprise ! T’en dit quoi coach ?

 

J’en reviens à ma semaine…

 

Le vendredi, nous avons travaillé nos « couch potato » attitude : TV + Internet, ce qui n’est pas désagréable, surtout si ça va avec les gâteaux que cuisine Meziane le week-end !

 

Samedi, nous avions rendez-vous pour aller visiter des appartements. Nous en visitons un premier, très cher pour ce qu’il est : deux chambres, cuisine et salle de bain, le tout assez petit, pour 400 $ par mois… Il en vaut 200 ou 300 à notre avis, et à celui du chauffeur du CICR qui est à l’initiative de ces visites et nous sert de traducteur.

Nous changeons donc de quartier, pour faire une autre tentative. Nous allons ensuite visiter, après une longue attente, un appartement dans le quartier d’Ashty, c’est-à-dire celui où se trouve la maison de MSF. Chose rare ici, il s’agit d’un véritable immeuble avec une petite dizaine d’étages et 4 appartements par étage. Un interphone à l’entrée, des portes d’appartements blindées, le tout doublé d’un garde assurent la sécurité. Il y a même un ascenseur !!! Mais en ce qui me concerne, je préfère monter à pied, les coupures de courant étant fréquentes…

L’appartement est vraiment bien : une entrée, une salle de bain relativement grande, avec toilettes occidentales, une grande chambre, une autre beaucoup plus petite, une cuisine et un salon, qui distribue sur toutes les pièces. Le tout est annoncé à 500 $, mais il paraît qu’il est possible de discuter un peu et de descendre à 400…

 

Les choses avancent donc progressivement !

 

La semaine reprend donc, et dimanche après-midi, je me rends à Interchange Institute en fin d’après-midi pour rendre mon test et assister aux classes.

La première classe dans laquelle je me rends est une classe de niveau intermédiaire. L’enseignant est vraiment très bon, c’est extrêmement agréable d’assister à son cours. Il donne la parole, aide les élèves sans trop les aider tout de même, ne parle qu’en anglais, est très précis sur les questions de grammaire, fais des blagues, bref, parfait ! Les élèves tentent d’ailleurs tous d’entrer dans son cours et on les comprend !

 

Je ne suis restée qu’une demi-heure dans ce cours, car je devais ensuite me rendre dans celui du propriétaire de l’institut, pour un cours du niveau inférieur. Après une demi-heure d’observation, ce fut à moi de prendre le relais. Je devais expliquer et faire faire un exercice aux élèves. Malheureusement, aucun temps de préparation ne m’a été laissé, je découvrais donc presque l’exercice en même temps que les élèves !

Mais le courant est bien passé, et l’enseignant / propriétaire avait l’air très content de ma prestation !

Le plus amusant dans ce cours, ce sont les questions qui ont fusées dès que le cours a été terminé !

 

« Quel âge as-tu ? est-ce que tu es mariée ? où est-ce que tu vis en France ? qu’est-ce que tu aimes faire dans la vie ? comment trouves-tu la ville ? comment trouves-tu les gens ? » etc. etc. !

 

Le lendemain, lundi donc, nous devions aller – Élodie et moi – visiter l’appartement. Vers 15h, je reçois un coup de fil de Hope, en résumé ça donne ça :

-       Hey Mathilda, it’s Hope, from Sabis School !

-       Hey Hope ! How are you ? (je continue en français)

-       Bien merci ! J’ai posé la question pour savoir si tu avais le droit de partager mon appartement. C’est bon, ça te coûtera simplement 350$/mois. Par contre, si tu acceptes, Sabis te propose un poste. Ils ne peuvent te payer que 1000$ par mois, mais tu n’aurais pas besoin de payer l’appartement. Qu’est-ce que tu en penses ?

 

À ce point de la conversation, j’essaye d’être sûre que j’ai bien compris, parce que ça semble un peu « trop », étant donné que ce dont j’ai besoin, c’est d’un travail et d’un appartement…

 

J’ai bien sûr répondu que j’étais très intéressée par l’offre !!!

 

Dans le même temps, Élodie me dit que son employeur lui procure l’emploi, ce qui fait que j’aurai dû prendre un appartement seule, ce qui n’est pas possible. Tout semble donc s’arranger pour le mieux, et ce en 5 minutes de temps !!!

 

Environ ½ heure plus tard, Interchange Institute m’appelle pour me demander de passer car j’ai « réussi le test »…

Je leur demande donc si je peux passer le lendemain, car je veux d’abord être sûre d’avoir le poste à Sabis, et parce que je veux savoir si j’ai le droit de prendre un emploi après les heures de cours (ce qui me permettrait d’augmenter substantiellement mon salaire de 700$ !)

 

Je me rends donc le lendemain à Sabis, où l’on me confirme le poste et l’où on me confirme aussi que je n’ai pas le droit d’avoir un autre emploi… Dommage !

 

Je me rends donc dans la foulée à Interchange Institute, à qui je dois malheureusement annoncer que je ne peux pas prendre le poste… J’étais, comme vous vous en doutez sûrement, très mal à l’aise, mais ils ont bien sûr compris. Il est fort possible que je travaille pour eux en été, une fois que les cours à Sabis seront terminés !

 

Depuis, j’ai dû trouver un moyen d’envoyer la copie de mon passeport (sans avoir de scanner), répondre à un questionnaire de 9 pages qui me demande entre autre :

 

What is your opinion concerning teachers who: (1a) stay up very late when they have to teach early on the following morning? (1b) then absent themselves from school on the following day? (2) are absent on a day and then go out in the same evening?

 

Euh… c’est paaaaas biiiiennnn !!!!

 

Après des difficultés monstre à me connecter à Internet pour l’envoyer (la connexion est vraiment très mauvaise depuis jeudi dernier), j’ai finalement réussi, et reçu en retour mon contrat !!!

 

Je n’ai plus qu’à l’imprimer, le signer, et le scanner aux ressources humaines de l’école !

 

Euh… j’ai pas d’imprimante et pas de scanner !!! Bon, ça va se régler très vite, et je dois passer à l’école dans la semaine pour aller chercher ma clef, afin que je puisse emménager pendant les vacances de l’Aïd !

 

C’est tout pour le moment !

 

À bientôt !

 

Par Mathilde
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Lundi 7 décembre 2009 1 07 /12 /Déc /2009 14:41

Demain, c'est mon premier jour de travail à l'école, c'est donc la fin des vacances de l'Aïd !

La plupart des expatriés sont partis ici et là (Syrie, Jordanie, ou à la maison !), ce qui laisse trois expats CICR : une infirmière (japonaise), un traducteur (canadien d’origine marocaine) et Meziane (français d’origine kabyle !).

Meziane était parti quelques jours pour Khanaquin, et a acheté de la viande sur place. Le jour de l’Aïd, nous avons donc préparé cette viande au barbecue, préalablement marinée depuis la veille au soir. Un délice ! Avec, nous avons mangé du riz, magnifiquement préparé par Satomi, l’infirmière. C’était vraiment très bon !

Le lendemain, Satomi nous a invité chez elle, pour un repas japonais, préparé par ses soins ! C’était juste totalement magnifique !!! Sushis maisons, pâtes cuites au wok, salade de pommes de terre, thé vert pour digérer, un régal !!!

Le soir nous avons été manger avec Karen et Mohamed, pour les remercier de m’avoir accueilli pendant deux semaines et de m’avoir apporté quelques affaires que j’avais demandé à maman, et que Josépha a réussi à donner à Mohammed, après des difficultés métropolitaine qu’elle est la seule à pouvoir nous raconter je crois ! (Jojo, si tu me lis… commentaires bienvenus !!!)

Le lendemain, nous avions été invités chez Zana, l’assistant de Meziane, mais nous avions aussi un projet d’aller à la campagne pour faire un pique-nique, et comme le pique-nique impliquait la présence d’un chauffeur CICR (pour faire passer les checks points aux pauvres employés CICR qui ne peuvent pas le faire tout seul !

Ne vous inquiétez pas, la présence d’un chauffeur ne signifie en aucun cas « danger » ! Si ça avait été le cas, on n’aurait pas eu le droit d’y aller du tout !!!

C’était tellement bon de sortir de la ville pour une journée ! Comme lors de ma dernière sortie, pour l’inauguration du « village », les paysages sont magnifiques !

Décrire ces paysages est impossible, c’est tellement différent de ce que l’on peut trouver en France ! Les montagnes ressemblent à des cônes de papiers froissés, ou parfois à des lignes ondulées, seules les photos peuvent parler !!!

Nous nous sommes arrêtés pour déjeuner dans un endroit charmant, coincé entre deux flancs de montagne, sans aucuns autres bruits que ceux de la nature, et sans trop de bavardage entre nous non plus, ce qui était – je crois – du goût de tout le monde ! Ce n’était pas un aussi gros pique-nique que la dernière fois : pas de barbecue, pas de musique, et pas TROP de nourriture !!! Il n’y avait pas de poulet, mais quand même du riz, MAIS le reste du riz « sushis » de la veille (avec une astuce pour les cuistos : pour qu’il ne sèche pas pendant le transport (sans glacière), Satomi a ajouté du gingembre frai ! Par contre, n’en mettez pas si vous m’invitez : je déteste ça !!! Heureusement, ça se sentais pas trop, et surtout les morceaux étaient suffisamment gros pour que je puisse trier !)

Nous sommes ensuite allés dans un endroit qui semble presque un lieu « secret » : une sorte de cascade intérieure, magnifique ! La petite anecdote, c’est qu’en voulant traverser le filet d’eau pour atteindre cette cascade, Meziane y a « perdu » sa chaussure !!! Heureusement, elle n’est pas restée dans la boue, mais est ressortie marron !!!

Le lendemain, nous sommes allés avec Saïd déjeuner chez Zana, sa femme avait préparé du Dolma spécialement pour moi, et elle m’a donné tout ce qui en restait, ce qui m’a fait trois repas !!!

Après le déjeuner, nous sommes allés déménager mes affaires au German Village, j’y avais déjà mis certaines affaires, récupérées de chez MSF, qui partait et vidait donc la maison. J’ai ainsi récupéré des draps de lits, des oreillers, deux couvertures, des cartes du Kurdistan, quelques livres et DVD, et quatre petites tables, que les Kurdes utilisent énormément ici : dans le salon pour proposer le thé aux invités.

Le week-end est vite arrivé, et les collègues CICR avec ! Nous avons profité du week-end pour nous reposer : les vacances ont été fatigantes !!! Et surtout, Meziane étant malade, on a limité les sorties.

Voilà, en presque résumé, ce qui s’est passé ici ces dernières semaines !

Au prochain épisode : ma première semaine de travail depuis bien longtemps !!!

Gros bisous à tous !!!

Par Mathilde
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