Mardi 20 octobre 2009 2 20 /10 /Oct /2009 09:35

L’aventure commence un matin comme pour Alice : avec un retard et un lapin. Le retard, c’est celui du taxi, qui fait peur, mais qui n’est que de quelques minutes ! Le lapin, c’est celui que nous avons manqué d’écraser à 500 mètres de chez mes parents et qui nous a précédé pendant 500 mètre de plus ! Le pauvre était totalement paniqué, sautant dans tous les sens sur le goudron.

La suite du parcours passe par Vienne, terre de naissance de mon grand-père maternel, où je ne fais que passer, d’une porte à l’autre (oserais-je « d’un monde à l’autre » ?) La grande question qui se posait portait sur le vol (régulier !) entre Vienne et Erbil… Et bien l’avion était plein à craquer : kurdes rentrant au pays, hommes d’affaires anglophones, francophones, germanophones. Très peu de femmes, beaucoup d’hommes jeunes (entre 25 et 40 ans), quelques rares enfants.

À l’arrivée en Irak, la chance me souri : ma valise est là !!! Quelques minutes plus tard, qui semblent interminables, je vois arriver une jeune femme européenne… Elle vient en effet me récupérer, ainsi qu’une autre jeune femme qui voyageait dans le même avion que moi, et qui travaillera à Erbil. Nous partons donc à trois jusqu’au consulat, où je retrouve le couple d’enseignants de l’école d’Erbil, qui travaillent d’arrache pied pour l’ouverture de la semaine prochaine. Après un bref ravitaillement en eau avec la consul adjointe à l’épicerie du coin, je pars en taxi pour Souleymanieh !


 

 

  Quelques parcelles assez vertes hors de la ville,mais sinon la campagne est un désert d’un brun clair, tout en collines, qui forment des sortes de petites bosses. L’ensemble donne un aspect très nuageux, moutonneux ! D’ailleurs, des moutons, il y en a partout le long des routes pardon ! des autoroutes ! Est-ce que c’est dangereux ? Tout dépend… pour les moutons ou pour les voitures ? En tous cas, ça l’est sans doute autant qu’un lapin affolé !!!

Les autres « curiosités » sur le bord de l’autoroute (d’un point de vue français voir européen !), ce sont les stations essence…

Une citerne posée sur une structure, un tuyau d’alimentation relié à une borne de distribution avec un conteur, « mazot » écrit en gros sur la citerne, et le tour est joué !

 

À l’arrière du taxi, pas de ceinture, ou du moins, pas d’endroit où l’attacher !

 

Les habitations que l’on croise sont en général toutes grises, le béton est laissé brut, sauf pour certaines très grandes bâtisses. Elles sont assez basses pour la plupart, mais on retrouve des immeubles en aglomération.

 

À un barrage de police, puis un deuxième, puis un troisième, les officiers veulent vérifier mon passeport. Nous nous arrêtons sur le côté. Le chauffeur parle avec eux, puis ils me demandent d’ouvrir ma valise, me rendent mon passeport, et nous pouvons repartir.

 

Un peu partout, des colonnes de fumée noire… il y a bel et bien du pétrole dans la région !

 

En arrivant sur Souly, nous croisons une fête foraine, ainsi que plusieurs groupes de personnes qui ont installé leur sonorisation et qui dansent, certainement pour un mariage. Les voitures garées tout autour délimitant la piste de danse !

 

Il y a aussi ceux qui s’arrêtent pour pique-niquer (à 17h30 !!!), et ceux qui semblent s’être donné rendez-vous pour simplement jouer et boire le thé, le tout, je le rappelle, sur les bords de la voie rapide, et sans aucune structure en dur : à même le sol ou avec leur propre équipement !

 

Arrivé à Souly, il s’avère que le couple d’enseignants : Saleha et Frédéric et leurs deux enfants : Leila et Zoltan sont à l’hôtel depuis 10 jours et qu’ils n’ont finalement trouvé quelque chose d’acceptable qu’hier ! Je suis donc dans cette chambre pour deux nuits, ensuite je ne sais pas encore ce qui va se passer… De toutes façons, ici on ne peut apparemment pas réellement prévoir à l’avance, tout est donc normal !

 

L’hôtel semble presque neuf, en tous cas il est très propre à première vue, mais il semble qu’à la seconde il le soit moins, et que notamment le ménage laisse à désirer. Ce n’est cependant pour l’instant pas réellement ma préoccupation première.

 

J’ai hâte d’être à demain pour enfin mettre un pied dans le pays, ce qui n’a pas réellement été le cas avec ma journée de transport éprouvante…

 

C’est tout pour aujourd’hui !

 

Bonne nuit !

 

 

 

Par Mathilde
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Mardi 20 octobre 2009 2 20 /10 /Oct /2009 10:17

Première journée complète au Kurdistan…

 

Le programme de la journée est assez simple : il faut préparer l’école à la journée de demain !!! Et ce n’est pas peu dire : tout est sale, le ménage semble ne pas avoir été fait depuis au moins 5 ans, certaines salles sont pleines de meubles (utilisables ou non), l’électricité de fonctionne pas (les ventilateurs ne servent donc à rien, et ceux qui fonctionnent… mieux vaut ne pas les allumer car ils menacent de se décrocher !!!)

Nous avons donc passé la matinée à vider les salles, à la force de nos petits bras, tout en traitant les questions administratives de l’ouverture, en recevant les différents prestataires, etc. Pendant ce temps, la peinture continue à l’intérieur des locaux… Ça fait un peu peur étant donné que l’ouverture est le lendemain, mais il faut tellement chaud qu’il est presque sûr que ce sera sec !!!

 

 

 

 

 

Après être rentrés rapidement à l’hôtel (et une petite sieste pour moi… j’avais toujours le trajet dans les pieds…), nous retournons à l’école où le nettoyage n’est pas réellement terminé. Enfin, entendons-nous bien… « nettoyage » signifie mettre de l’eau puis l’enlever, ou passer un peu de produit à base d’eau de javel (cf traces sur le sol…)

Finalement nous rentrons les tables et les chaises. Petite précision… nous = les deux enseignants et leur fille aînée, l’une des personnes du ministère de l’éducation kurde, qui nous aide énormément sur ce projet, et moi-même. Les tables et les chaises sont encore plein de poussière, et les enfants arrivent demain !!!

Malheureusement, il est déjà très tard (plus de 21h) et nous nous levons tôt le lendemain, alors tous à l’hôtel pour un repas rapide et un bon sommeil réparateur !

 

 

 

 

Par Mathilde
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Mardi 20 octobre 2009 2 20 /10 /Oct /2009 10:57

C’est le jour J !!!

 

Il est 7h30, l’ouverture est prévue à 8h, mais certains sont déjà là !!!

Un jour de rentrée de l’école française internationale au Kurdistan, c’est comme une ouverture d’école n’importe où en France : les enfants ne savent pas trop où ils sont, et les parents sont tellement stressés qu’ils en font pleurer leurs enfants, plus les enfants pleurent, plus ils stressent et restent, et plus ils stressent et restent, plus les enfants pleurent !!!

 

 

Il me semble que nous avons mis environ 2h30 à faire partir les derniers parents… et encore ! certains revenaient comme des boomerangs : la grille n’étant pas fermée à clef (car les ouvriers doivent pouvoir entrer et sortir), les parents revenaient près des fenêtres, et dès que leurs enfants les voyaient… bref, vous avez compris…

 

Au Kurdistan, les repas ne sont pas réellement figés, il n’y a pas de « norme » : il est 9h, les enfants ont faim, ils mangent, tout simplement ! Pourquoi se poser des problèmes quand la solution est si facile ?

 

La matinée a donc consisté à courir après les enfants qui s’échappaient, tout en essayant de faire partir les parents, le tout sans que les enfants que nous avions dans les bras les voient ! Car les parents mettent en place des stratégies tout à fait ingénieuses pour essayer de voir leurs enfants : camouflage derrière les arbres, les grilles (moins bien !), dans la cour (encore moins bien !), dans le couloir (mais comment sont-ils entrés ???!!!)

Il faut aussi emmener les enfants aux toilettes bien sûr, mais les toilettes turques présentes dans ces bâtiments ne sont pas adaptées : deux seulement pour 70 enfants, et seulement trois enseignants pour les y accompagner…

Mais tout cela n’est pas grave : le plus important c’est que l’on a réussi pour le moment à ne pas avoir de pipi ou de caca culotte !!! D’ailleurs, quand j’écris « culotte », pour certaines, c’est vraiment le cas : les culottes au format short, hyper larges, et surtout bien trop chaudes pour le temps que nous avons ici : il fait super chaud et vraiment très beau !!!

 

Vers 11h30, nous avons tenté une sortie vers le réfectoire, ou plutôt la salle où nous avons mis des tables et des chaises pour faire manger les enfants. Problème : tous n’ont pas à manger, certain n’ont que des chips à manger, d’autres ont à manger, mais ne mangent pas, pendant que les uns pleurent et que les autres volent chez le voisin…

Finalement, ça ressemble beaucoup à n’importe quelle première journée d’école, sauf qu’à la « cantine », ce sont les maîtresses qui donnent à manger, et que du coup, elles, ne mangent pas !

 

Quand les parents viennent chercher leurs enfants vers 13h/15h, les enfants sont dans la cour, dans l’herbe, parfois dans les pots de peinture des peintres, et en tous cas, la majorité ne pleurent plus, ce qui est déjà en soit une grande victoire !!!

Quant à nous, deux heures de ménages nous attendent : rangement des classes, des salles où nous avons mangé, de la cour et de l’herbe. À 17h, lorsque nous pouvons enfin nous arrêter, nous apprenons que Frédéric qui était parti signer pour une maison, est revenu bredouille…

 

Malheureusement, entre temps, j’ai attrapé un sacré rhume, qui me colle au lit : un bref repas, et je pars me coucher afin d’être en forme pour le lendemain, qui promet d’être tout aussi mouvementé !!!

 

Il est donc 21h30 quand je m’endors comme une enclume, masse, ou tout autre objet volumineux et lourd ;)

 

Bonne nuit !

 

Par Mathilde
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